VII. LES ETAPES DU RAISONNEMENT

La situation de départ

Soit un objet, une personne, une action, une procédure, une technologie, etc... à insérer dans un ensemble concret que nommerons un SITE, SITE ayant des PERFORMANCES EXISTANTES et un fonctionnement donné.

Nous appellerons ce qui est à insérer un INSERT. Cet INSERT possède un fonctionnement propre se situant dans une gamme de variations, imposant donc un calibre à l'intérieur duquel ces variations sont sensibles.

De l'insertion de l'INSERT dans le SITE, permet d'attendre du SITE des PERFORMANCES ATTENDUES. Or, le fonctionnement du SITE possède un certain nombre de calibrages, à l'intérieur desquels sont classés par famille les différentes variations de fonctionnement.

Les PERFORMANCES EXISTANTES : ces performances, instantanées et cumulées, vont se décliner selon un ou plusieurs indicateurs. Il est important que ces indicateurs portent sur l'activité générale du SITE. Donc, chaque indicateur doit au moins rendre compte des multiples interactions entre un ensemble significatif d'éléments du SITE.

Les indicateurs des PERFORMANCES EXISTANTES ont une syntaxe composée d'au moins quatre calibres : les "Buts tactiques", les "Démarches d'actions", les "Domaines de gestion", les "Substrats".

Le problème à résoudre

Les fonctionnements du SITE et de l'INSERT ont donc des calibrages différents.

Nous poserons que la réussite dans l'atteinte des PERFORMANCES ATTENDUES passe par une homogénéisation des calibrages du SITE et de l'INSERT. Sinon, cet objet, cette personne, cette action, cette procédure, cette technologie, en se pliant aux variations imposées par l'espace de chaînage qui trame la gestion du SITE ne fonctionneront pas à leur optimum.

Une autre voie est possible : modifier les variations du SITE de façon à ce que les conséquences de ces variations aboutissent aux PERFORMANCES ATTENDUES.

Les INSERTS seront les changements dans les éléments ou les éléments nouveaux qui vont modifier les variations des éléments par rapport à des PERFORMANCES ATTENDUES.

Dans ce cas, il faut modifier les calibrages du SITE de façon à ce que les nouvelles variations se situent dans des limites telles que l'on obtienne les PERFORMANCES ATTENDUES.

Les PERFORMANCES ATTENDUES : ces performances vont se déclinées selon un ou plusieurs indicateurs qui seront parfois distincts des indicateurs existants.

Des PERFORMANCES ATTENDUES, l'équipe-projet, aidé par un outil de calibrage à base connaissances, doit être capable de dégager une série de calibres.

On supposera que les indicateurs des PERFORMANCES ATTENDUES ont une syntaxe composée d'au moins quatre calibres : les "Buts tactiques", les "Démarches d'actions", les "Domaines de gestion", les "Substrats".

Rassembler les éléments du SITE et de l'INSERT dans un circuit

Faire du SITE et de l'INSERT un circuit qui réunit en boucle l'ensemble des éléments qui interagissent entre eux. Il faut identifier les éléments qui interagissent entre eux, de façon telle qu'on peut les considérer comme reliés "en circuit".

Dans le temps, les éléments vont passer par différents états. Ces éléments doivent être définis par un calibre commun qui permette de comparer les variations de leurs états dans le temps.

Nous savons formuler des règles ou des lois sur le fonctionnement d'ensemble d'un circuit.

Les différences se mesurent dans le temps sur chacun des éléments pris un par un.

Les différences se mesurent dans le temps sur chacune des relations globales.

On obtient donc une série d'états successifs de la totalité du circuit dans un laps de temps T.

Formuler les performances globales existantes et attendues

Formuler dans l'outil les performances cumulées attendues.

Considérer que ces performances cumulées sont l'addition de performances instantanées suivant des courbes de variation.

Formuler les voisinages de sensibilité aux variations de performance

Le voisinage est une "surface perceptive" qui perçoit les variations des performances. Cette surface perceptive à une différence ou à un changement.

La différence est perçue parce que nous avons établi au préalable un voisinage entre deux ou plusieurs parties (définition topologique : "partie de l'espace contenant un ouvert qui contient A"). Il faut aller de l'une à l'autre, donc poser une distance, une surface, un espace de déplacement. Ou bien, le voisinage est un temps de variation d'une image déjà donnée.

Cela revient à dire : "déplacez vous ici plutôt que là", "regardez ici plutôt que là", "raisonnez en mois plutôt qu'en jour".

* La différence est obtenu par le déplacement dans un voisinage.

* Si nous sommes fixes, le changement s'obtient par superposition selon des intervalles de temps réguliers, d'une image changeante.

Il faut mettre en relation une modification d'image avec un intervalle dans le temps.

La sensibilité est ici entendue comme l'aptitude à déceler de très petites variations. seront donc tels des corps mobiles ou des images variables par rapport à elles-mêmes. Le premier objet de gestion est donc le "corps humain", à la fois mobile et doté d'une capacité d'"imagination" et de "mémoire".

On peut également s'attacher au déplacement d'une pièce, à la transformation d'un produit au cours des différentes phases de sa fabrication, aux rythmes, voire aux aléas d'une machine.

Le repérage des "problèmes de voisinage"

Le circuit SITE+INSERT va regrouper une série de voisinages, chaque voisinage étant affecté d'une variation plus ou moins forte. On va classer ces voisinages entre eux.

C'est ce que l'on va appeler les "problèmes à résoudre".

La mise au point des calibres

L'ampleur des variations possibles entre un minimum et un maximum définit la taille d'un calibre. Comment déterminer la taille judicieuse des informations à manipuler, de façon à se donner la sensibilité perceptive ad hoc.

A des tailles d'informations doivent être associés des savoirs facilement manipulables dans un temps limité. Les informations sont recueillies par centaines, mais il est coûteux de manipuler des savoirs sur plusieurs centaines d'entités différentes. Les informations seront limitées en "taille minimum". Raisonner en "mois" plutôt qu'en jour est ainsi plus économique. Pour ce faire, les informations disponibles seront recomposées pour "être au calibre" du calibre qui a été choisi.

A la contrainte de la taille minimum s'ajoute celle de la taille maximum. L'information utile résulte d'un regroupement pertinent des informations. La pertinence s'obtient par le choix judicieux de la taille des informations que l'on regroupe. Obtenir la pertinence d'un regroupement exige que les informations de base aient une taille maximum, afin que les regroupements restent significatifs.

Le calibrage ajoute une dimension supplémentaire à la notion de voisinage : il spécifie des règles et des types de voisinage. Deux objets, deux situations, etc... sont proches l'un de l'autre parce qu'ils ont la même règle de voisinage.

Premier geste : l'on affecte un voisinage à un calibre donné, choisi dans une gamme générale de calibres. Second geste : l'on examine les variations de performance par rapport au calibre choisi.

Le calibrage organise un aller-retour entre des images voisines, et les ordonne selon une recherche des relations significatives sur l'ensemble des images.

Il y a des tailles différentes de calibrage, il y a donc des "calibres" au pluriel.

Deux contours sont mis en relation : le contour régulier du calibre et la ligne sinueuse, voire irrégulière, de la performance calibrée. L'espace ou la surface variable entre les deux tores ou les deux contours devient l'objet privilégié de l'attention.

La détermination des nouveaux espaces de chaînage

Du circuit SITE+INSERT, l'outil de calibrage doit être capable de dégager l'objet ou les objets de gestion dont les variations apportent une sensibilité maximum au calibre considéré. Ces objets de gestion seront transformés en ESPACE DE CHAINAGE.

Proposons une règle générale de choix d'un objet de gestion qui sera développé en ESPACE DE CHAINAGE :

"L'objet de gestion choisi, pour être développé en espace de chaînage possible, présentera le maximum de sensibilité à l'intérieur du calibre défini par les indicateurs des performances attendues".

Les fils de trame de l'espace de chaînage sont à trouver dans les savoirs liés aux objets de gestion choisis

En conclusion

L'automatisation apportée par un outil à base de connaissances apporte selon nous trois atouts essentiels :

- la rapidité de comparaison entre les PERFORMANCES EXISTANTES du SITE et les PERFORMANCES ATTENDUES pour dégager le calibrage le plus pertinent,

- l'exhaustivité des mises en relation du calibrage choisi avec les différents objets de gestion, afin de déterminer le ou les objet de gestion qui seront développés en ESPACE DE CHAINAGE,

- la manipulation des variations des fils de trame de l'ESPACE DE CHAINAGE afin de déterminer le ou les INSERTS permettant les PERFORMANCES ATTENDUES.